Le gan : Un instrument métronome dans la culture béninoise

La culture est la sève d’un peuple, d’une nation. Certains instruments de musique constituent des composants de cette sève. Au nombre de ces instruments emblématiques au Bénin, figure « le Gan ». Cet instrument est très utilisé au Bénin, quotidiennement dans le langage, dans la musique, dans les palais royaux, dans les églises, et dans les couvents Vodoun. Le Gan permet de donner une vue holistique sur l’histoire et la culture du Bénin. Le Gan est un fil essentiel du tissu culturel béninois. Comment peut-on définir l’instrument ?

Le gan ou cloches du Bénin appelé Gong par abus de langage est d’une longueur variante entre 15 et 50 cm. L’instrument se présente sous forme d’un cône plus ou moins arrondi avec un creux à l’intérieur et un manche pour le tenir. Le gan est un instrument en fer à usage multiple, très important dans la communication chez les fon. Pour approuver par exemple l’attitude d’un homme bien éduqué, le fon fait allusion au gan. On dit, « é sé gan ! » ; ce qui signifie, « il agit bien ! ».

Outil de communication depuis le 17e siècle dans le Danxomè, le plus grand royaume de l’actuel Bénin, instrument de percussions de notre temps, le gan est un objet en fer, un métal poète, un médium entre les hommes et le monde spirituel. Pour faire parler le gan, les hommes le cognent avec une baguette en bois solide. On dit de ce son, qu’il pénètre l’esprit humain et permet d’invoquer les esprits au cours de pratiques Vodoun. Au fil des ans, le gan s’est invité dans l’église catholique romaine. La cathédrale a craqué pour lui. Il file désormais le parfait amour avec les chorales du Bénin. Mais qui a inventé le gan ? L’instrument est de fabrication artisanale, ce sont les forgerons qui le fabriquent mais ils n’en sont pas les inventeurs.

Selon l’historien Jérôme Alladayè dans son œuvre le Kpanlingan dans le Danxomè, le gan est l’invention de Hwegbadja, fondateur du Royaume du Danxomè (actuel Bénin) au 17e siècle.

Quatre siècles après cette trouvaille de Hwegbadja, le Gan s’est imposé à travers le temps, l’espace et les générations. Parti du Danxomè au 17e siècle, le gan a rythmé le travail des esclaves dans les plantations de canne à sucre en Amérique. L’instrument règne en métronome aujourd’hui encore, dans les productions musicales de grands artistes béninois.

Le gan a contribué à l’originalité de l’album Djin Djin de la star béninoise Angélique Kidjo. Une œuvre classée meilleure dans la catégorie Musiques du monde au prestigieux Grammy Awards en 2007. En featuring avec Angelique Kidjo sur cet opus, les artistes américains Alicia Keys et Ziggy Marley, ont eux aussi posé leurs voix sur des chansons aux percussions du Gan.

Winner Adjinakou

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